Le premier hôpital
Les études historiques sur les Hospices Civils
ne fournissent aucune date de fondation du premier hôpital.
Selon une légende, il aurait été fondé
dans le « Strateburgum » (ancienne dénomination
de Strasbourg) dès 657 par le Duc d'Alsace Attic, père
de Sainte Odile.
La
première trace écrite date de 1143, il s'agit de la
charte de l'évêque Burcard, situant la fondation en
l'année 1119. Ce document est conservé aux archives
municipales de la Ville de Strasbourg.
Ce premier hôpital se trouvait dans l'actuelle
rue du vieil hôpital, tout près de la cathédrale.
Une confrérie religieuse, suivant probablement
la règle de Saint Augustin, était chargée des
soins des malades et des mendiants.
La misère faisait rage à cette époque puisque
entre 1250 et 1275 de nombreux seigneurs en guerre brûlaient
les villages, saccageaient les récoltes et maltraitaient
la population dans les campagnes, tandis que les villes étaient
protégées derrière leurs remparts.
Les campagnards ruinés, affamés, se réfugiaient
dans les villes pour trouver du travail mais la plupart étaient
voués à la mendicité et n'avaient pour seul
refuge que les hôpitaux dont celui de Strasbourg.
Mais cet hôpital restait une institution religieuse
avec cette célèbre phrase « qui veut recevoir
la nourriture du corps, doit d'abord accepter celle de l'âme.
»
Le deuxième hôpital
En
1313 et 1316, les épidémies de peste notamment et
la famine qui décimaient la population de Strasbourg étaient
telles que l'air devenait nauséabond. L'hôpital fut
transféré hors de l'enceinte de la ville près
de la porte qui s'appelle « Porte de l'Hôpital ».
Il sera démoli vers la fin du même siècle
(1392-1393) au cours des guerres soutenues par l'évêque
Frédéric de Blankenheim et la noblesse (pour éviter
qu'il ne soit occupé par l'ennemi).
Pendant quelques années les malades sont soignés
dans le « Stalhof » et le « Herrenstall »
au Finkwiller jusqu'à ce que l'hôpital soit définitivement
installé (1398) dans les locaux qu'il n'a cessé d'occuper
depuis.
La construction de la chapelle est achevée en 1428. De cet
hôpital, il subsiste actuellement la belle cave à colonnes
et chapiteaux cubiques fort curieux.
La vie à l'hôpital
Outre les malades et les pauvres, l'hôpital
héberge des personnes âgées pensionnaires qui
s'assurent asile jusqu'à la fin de leurs jours. A partir
de 1555, seuls les bourgeois peuvent être admis comme pensionnaires.
Quand sonne la cloche dite « Bubenglock » le soir, tous
les pensionnaires doivent avoir réintégré l'hôpital.
Les soins sont gratuits mais précaires. Très souvent
les malades sont contraints à dormir à deux voir plus
dans le même lit, dans des conditions d'hygiène déplorables.
Les messes quotidiennes qui se déroulent dans la chapelle
et dans les chambres sont de rigueur.
En revanche un bain ne leur est proposé que toutes les quatre
semaines. Les incontinents dorment sur une litière de paille
d'avoine, ce n'est que beaucoup plus tard qu'ils auront droit aux
draps remplacés quotidiennement.
Il est intéressant de noter le budget de l'époque.
Le budget médical représente 6% du budget global (proche
de l'actuel). Les frais de personnel représentent 9% du budget.
Les frais de boucherie sont très élevés et
le vin représente un montant presque équivalent à
celui du chauffage. (Deux litres de vin sont servis pour trois personnes
par repas, un autre verre est servi au goûter).
La boulangerie datée de 1572 est située
dans l'aile Ouest de la phase actuelle. Sur le linteau de la porte
d'entrée, nous trouvons deux sculptures, l'une représente
un petit pain, l'autre un bretzel. Au mur de cette boulangerie,
est accrochée une vieille cloche datée de 1766. S'agit-il
de la « Bubenglock » ?
Dès 1604, deux chevaux et une voiture ambulance
sont prêts, jour et nuit, pour aller chercher les malades
et les blessés sur la voie publique. S'agissait-il de l'ancêtre
de notre SAMU actuel ?
Le 4 novembre 1716, un incendie se déclare
dans la chambre des copeaux, où une laveuse était
allée chercher des copeaux avec une chandelle. Le feu s'étend
de façon incontrôlable et tout le grand édifice
est en cendres. A grand peine, on réussit à sauver
les maisons situées face au bâtiment principal, l'économat,
la chancellerie, la boulangerie, les écuries et enfin la
cave, qui avait commencé à brûler, mais dont
on a pu éteindre le feu avec de la bière.
En 1718, les travaux de reconstruction commencent et en 1724, plus
de la moitié du nouvel hôpital est sorti de ses ruines
(l'actuel bâtiment principal de la direction générale).
En 1734, le magistrat de la ville crée la première
école de sages-femmes.
L'hôpital connaît par la suite trois grandes périodes
De
1840 à 1841 : extension vers le Nord, quai Saint Nicolas.
De 1878 à 1902 : la nouvelle Université de Strasbourg
construit cinq cliniques : la Chirurgie A (Leriche actuel) –
la Médicale A – l'Ophtalmologie – la Psychiatrie
– la Gynécologie.
De 1906 à 1934 construction des cliniques : Dermatologique
– Infantile – de la Maternité avec l'Ecole de
Sages-Femmes – Neurologique – de Radiologie et de Physiothérapie
– Médicale B et Chirurgicale B.
En 1939, est institué l'enseignement public
de l'hystologie et de l'ophtalmologie.
En 1969 s'achève la construction de la nouvelle Chirurgie
A et en date 1979, la dernière construction, l'Hôpital
de Hautepierre, ouvre ses portes. |