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Au-delà des avancées thérapeutiques, les parcours de soins sont au cœur des projets d’amélioration de l’hôpital afin qu’ils soient mieux coordonnés, optimisés et ainsi accélérés. C’est là tout l’enjeu du programme créé par le service de chirurgie viscérale et digestive du Nouvel Hôpital Civil qui propose aux patients devant bénéficier d’une chirurgie lourde une préparation physique, psychologique et nutritionnelle sur plusieurs semaines, avant et après l’intervention. Ce parcours pilote s’adresse dans un premier temps aux patients atteints d’un cancer du pancréas ou un cancer du foie. 

Reportage sur Fr3 avec Pr Patrick Pessaux :

Des innovations organisationnelles pour obtenir un « diagnostic en 1 jour » !

Accompagnés par une équipe pluridisciplinaire et pluriprofessionnelle, les patients bénéficient d’une prise en charge à la fois accélérée, coordonnée mais également optimisée et individualisée. Le patient au cours d’une seule journée a accès à une consultation concomitante auprès d’un chirurgien et un radiologue spécialisés avec réalisation d’imagerie (scanner et/ou IRM) si besoin pour obtenir un « diagnostic en 1 jour ».

En cas de programmation d’un geste interventionnel, une consultation avec les anesthésistes est également réalisée.  Mais au-delà de l’accélération de la prise en charge, une évaluation approfondie de l’état de santé analysant l’état nutritionnel, physique et psychologique est menée par une diététicienne et une infirmière coordinatrice.

Une préparation est alors initiée comportant des supports nutritionnels et vitaminiques pour pallier aux différentes carences et une activité physique adaptée personnalisée par des coachs sportifs spécialisés permettant un reconditionnement musculaire. Ce programme est poursuivi après l’opération pour une réhabilitation améliorée.

Imaginerait-on de faire un marathon sans entraînement ?

Il s’agit, tel un athlète, de préparer le patient à récupérer plus vite et d’aborder son parcours de soins avec une plus grande sérénité. En effet, le cancer du pancréas est diagnostiqué bien souvent à un stade avancé de la maladie où il existe déjà une dénutrition et perte musculaire, situation non optimale pour aborder une chirurgie lourde. Démontrée scientifiquement, cette prise en charge a pour objectif de diminuer les complications chirurgicales et de réduire au maximum la période de récupération postopératoire souvent trop longue. Il est important de rappeler que le traitement d’un cancer associe bien souvent des traitements avant et après la chirurgie (chimiothérapie et/ou radiothérapie).

La préhabilitation est un des moyens efficaces pour maintenir en forme les patients afin qu’ils soient prêts à recevoir tous ces traitements successifs qui vont permettre d’augmenter leurs chances de guérison.

Enfin, du fait du vieillissement de la population, ce programme semble aussi être un outil intéressant pour prévenir la perte d’autonomie des patients âgés.

Reportage sur Alsace20 :

En plus du “soin”, l’attention au “prendre soin”

Au-delà de l’évaluation de la qualité de l’offre de soins selon l’expérience perçue et les critères cliniques, les patients qui bénéficient de cette innovation organisationnelle sont aussi interrogés sur leur qualité de vie sur le long terme, afin de vérifier que l’on apporte des résultats qui comptent vraiment dans leur quotidien (“Patient-Reported Outcomes Measurement” ou PROMs). Il a été démontré que l’utilisation de ces données améliore à la fois la qualité de vie et la survie des patients atteints d’un cancer. Des questionnaires standardisés spécifiques pour le cancer du pancréas et du foie ont été développés et sont désormais systématiquement renseignés par les patients.

Pour une spécialité de haute technologie comme la chirurgie, cette nouvelle attention à la qualité et à la pertinence des soins devient essentielle pour prendre en charge de manière appropriée, pertinente, chaque patient pris comme une personne individuelle, spécifique, et somme toute unique.

Mis à jour le 30/03/2022